Solstice d’été en Beaujolais

À trente minutes de Lyon, au départ du petit village de Chessy-les-mines, démarre une coquette randonnée de cinq heures -six si l’on est pris de photographite aiguë- à travers vignes et pierres dorées du Beaujolais.

De longs passages du parcours traversant les plaines de vignes et de blés chatoyants, en saison ardente, il ne faut point trop compter sur l’ombre protectrice des sous-bois et prévoir casquette et gourde à forte contenance afin d’éviter toute forme de décès prématuré.

Au bout de trois heures de vadrouillerie champêtre, la raréfaction des zones d’ombres nous fît progressivement prendre conscience de la température excessive du thermostat. La brise fraîche, cette traîtresse, nous masquait fielleusement notre début de cuisson.
Mon acolyte, génétiquement insensible à la chaleur, ne commence à transpirer qu’au-dessus de 40°C. Pour ma part, l’image d’un poulet rôtissant au four apparut très nettement dans mon esprit.

Cherchant à repousser l’arrêt des fonctions vitales, je sortis ma gourde.
« – Ah.
– Quoi ?
– ‘a p’us d’eau. »

Deux heures plus tard, nous arrivâmes dans la coquette bourgade de Châtillon d’Azergues, le pas presque léger, l’humeur presque joviale.

Je sortis le plan.

« – On est où, là ?
– Ici.
– Et on va où ?
– Là.
– IL RESTE ENCORE TOUT CA ?! »

Maudissant notre condition présente, le soleil, le vent, le ciel, les randonnées champêtres et nos envies écolos, nous nous traînèrent lamentablement dans le bourg endormi.

Je m’attarde sur ce point.

Nous sommes dimanche.
Il fait beau, il fait chaud.
Ça sent bon le touriste et les randonneurs estivaux.
Question :
Pourquoi, dans ce lieu de visite aux charmes ancestraux,
Accessible en voiture et un jour peut-être en métro,
Pas une terrasse n’est ouverte,
Pas un troquet, pas une cafette,
Pour d’humbles promeneurs, chargés en besaces,
Se demandant que faire pour ne pas sécher sur place ?

C’est dans cet état d’assèchement avancé que nous traversâmes ce coin fort gracieux – qui aurait pu l’être encore davantage avec une terrasse de café ou une fontaine d’eau potable – et que nous attaquèrent l’acte final. Acte dont il ne reste que peu de traces, arc-bouté qu’était mon esprit sur la représentation mentale d’une fontaine, porteuse en ces instants de tous les espoirs du monde.

Arrivés au départ, à Chessy-les-mines, nous en découvrîmes deux.
Deux belles fontaines d’eau non potable.

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