Archives blog ciné 2018-2019

Publié le 22 mai 2019

Après moi, le déluge.

El Reino, de Rodrigo Sorogoyen.

Espagne.
Sortie le 17 avril 2019.

Manuel López-Vidal est un politicien espagnol important. Cela signifie qu’il est suffisamment corrompu pour continuer une partie de sa vie derrière les barreaux. Quand le parti décide de le sacrifier pour sauver les meubles, l’homme développe alors l’intention farouche d’entraîner tout le monde dans sa chute.

Déjà l’auteur d’un thriller particulièrement réussi, Que Dios nos perdone (qui voyait deux flics à problèmes lancés aux trousses d’un tueur spécialisé dans les sévices sur grands-mères), Sorogoyen transforme l’essai dans une course contre-la-montre à la limite du respirable.

Mention spéciale pour l’acteur phare, Antonio de la Torre, qui en a remporté le Goya du meilleur acteur. Parce que quand même.


Publié le 31 mars 2019

Symphonie hormonale

Sex Education, de Laurie Nunn.

1 saison, 8 épisodes.
Comédie dramatique, Grande-Bretagne.
Sortie le 11 janvier 2019 sur Netflix.


C’est la rentrée des classes pour le lycée britannique de Moordale, qui retrouve sa fournée annuelle d’adolescents en rut. Et, au vu des profils, cette année s’annonce particulièrement riche en émotions…

Dans cet environnement frénétique, où les sens s’éveillent et où l’appel de la bidoche est plus fort que tout, Otis Milburn est une anomalie. Certainement traumatisé par des parents qui ont fait du sujet un métier et une décoration d’intérieur, il est incapable de s’astiquer le gigot.
Heureusement pour lui, ses connaissances héritées sur la chose éveilleront l’intérêt d’une camarade de classe portant en elle un potentiel de guérison dépassant toute espérance.

À l’inverse, dans un monde où la plupart des adolescents sont des abrutis avec des problèmes de riches, Maeve Wiley tente désespérément de survivre par ses propres moyens. Dressée à l’école de la vie, ayant lu tout Jane Austen à l’âge de 12 ans, elle jouit d’une matière grise plus performante que ses congénères, qui l’insupportent au plus haut point.
Jusqu’au jour où son cynisme percute un bisounours savant, d’une bienveillance désarmante.

Eric Effiong, pour sa part, compense par sa bonne humeur communicative ses difficultés à assumer son homosexualité. C’est un génie qui s’ignore dans un monde peinant encore à comprendre la diversité des genres et des orientations.

Sans oublier Adam, caïd des bacs à sable écrasé par son père; Jackson, interdit de jeunesse au profit des compétitions sportives, et toutes ces bombes émotionnelles à retardement, en proie aux affres de l’adolescence.

Qu’il est doux d’avoir 16 ans à nouveau.


Publié le 28 mars 2019

À la recherche du romancier perdu. Une enquête de Sherluchini.

Le mystère Henri Pick, de Rémi Bezançon.

Sorti le 6 mars 2019.
Francais, 1h40.
Avec Fabrice Luchini, Camille Cottin, Alice Isaaz, Bastien Bouillon…

Dans la lointaine contrée de Bretagne existe un lieu légendaire pour tout écrivain raté qui se respecte : la bibliothèque des manuscrits refusés. C’est en ces lieux qu’une jeune éditrice fait, par hasard, la découverte d’un trésor caché : Les dernières heures d’une histoire d’amour, d’un certain Henry Pick. Aussitôt édité, le livre bouleverse le monde littéraire. C’est un chef-d’oeuvre. Mais pour Jean-Michel Luchini, célèbre critique littéraire, il y a tromperie sur la marchandise : « Non mais vous l’imaginez, le pizzaïolo breton, qui pond un bouquin de cette envergure?! »
Persuadé d’avoir raison tout seul, il se met en quête du véritable auteur.

Une modeste enquête littéraire qui éveillera l’attention des amoureux des livres et de Fabrice Luchini (ou de Camille Cottin), mais trop anecdotique pour marquer les esprits.
Au moins a-t-il donné envie à une âme égarée de replonger dans la littérature classique.


Publié le 25 mars 2019

Captain Woman

Captain Marvel, d’Anna Boden et Ryan Fleck.

Vers est le nom d’une dame hantée par des rêves d’explosions et de crash aériens. Ayant perdu la mémoire, elle fût jadis recueillie par la civilisation Kree puis intégrée aux membres de leurs « nobles guerriers héroïques » -c’est à dire l’armée, mais avec des fusils lasers, des boucliers holographiques et des tenus moulantes vertes (et non pas vermoulantes).

Cette race extraterrestre très avancée (dans le sens où elle a abandonné toute responsabilité sociale et politique à un ordinateur) est en guerre depuis bientôt toujours contre la race des Skrulls. Bien que la prononciation du nom puisse suffire au déclenchement d’un conflit armé, c’est surtout leur capacité à prendre l’apparence physique de n’importe quel individu qui en font un ennemi redoutable, particulièrement énervant pour un peuple Kree spécialisé dans la diplomatie de destruction massive.
« – Commandant, nous avons identifié trois Skrulls sur cette planète.
– Bien. Détruisez-la. »

C’est dans ce contexte que Veursse (en franglais), après un épisode de distribution de super-mandales, s’échoue sur une planète considérée comme un « trou à caca », dans un magasin de location de VHS, à l’aube des années 90. C’est ici qu’elle fera la connaissance d’un nouveau copain : Nick Fury (alias Samuel Rajeuni).
Ensemble, ils feront la chasse aux petits hommes verts et redécouvriront les origines de la jeune femme, brillamment divulguées dans la deuxième bande-annonce.

Après quoi, ayant visionné Avengers : Infinity War, Vers deviendra rouge (d’abord) et bleue (ensuite), puis organisera un beau spectacle bruits et lumières pour annoncer au grand bonhomme violet, là-bas dans le futur, que Maman rentre à la maison, le 24 avril prochain, et que ça va faire du vilain.



Publié le 18 mars 2019

Le cri du coq

Le chant du loup, d’Antonin Baudry.

Nous sommes en 2019 après Jésus-Christ.
Toute la Gaule est occupée par les comédies potaches et les blockbusters américains… Toute? Non! Car un groupe d’irréductibles cinéastes résistent encore et toujours à l’envahisseur.

Le surnommé Chaussettes a un don très recherché dans la marine, c’est une oreille d’or. Cela signifie qu’il est capable d’identifier le moindre son audible en mer et que la conduite du sous-marin repose sur ses épaules. Au cours d’une mission, il confond néanmoins un sous-marin avec un cachalot et met tout l’équipage en péril.


Ceci est un film de sous-marin digne des grands films de sous-marins.
(Pour les non-initiés, un film de sous-marin est un film claustrophobique à suspens, où tous les organes liés à la respiration du spectateur cessent leur fonctionnement pendant plusieurs minutes.)
Ce film est une fierté nationale.

Il est ainsi de ton devoir, citoyen, de former des bataillons, et de marcher, marcher, vers le cinéma le plus proche, afin de voter pour l’avenir de cet art qui t’est si cher.
Car vois-tu, citoyen, il manque à ce film 600 000 spectateurs pour rejoindre Nicky Larson et le parfum de Cupidon, et 5 millions pour atteindre la première place, détenue par Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu.

Citoyen, camarade! En ces temps troublés, il est important de faire entendre ta voix et de ne pas abandonner la nation à l’aigreur et à la débauche.

Alors, ami, prends les bougres qui t’entourent, paye-les, kidnappe-les, arrange-toi comme tu veux, mais réorganise-moi ce classement!

Citoyen, l’avenir du pays est entre tes mains.


« Il y a trois sortes d’hommes :
Les vivants,
Les morts,
Et ceux qui sont en mer. »

Aristote

Publié le 4 mars 2019

L’apogée technologique

Alita : Battle Angel*, de Robert Rodriguez.

Alors qu’il fait ses emplettes dans la montagne des déchets abandonnés par la cité céleste de Zalem, le docteur en cybernétique Ido Dyson découvre les restes d’un cyborg arborant le visage d’une jeune fille. Après rafistolage, il s’avère que celle-ci n’a plus aucun souvenir.
Un premier indice apparaît toutefois lorsqu’elle se découvre un goût très prononcé pour la castagne…

Officiellement, le film est l’adaptation du manga Gunnm, de Yukito Kishiro, publié pour la première fois au Japon entre 1990 et 1995**.
En 1993, un anime reprenant les deux premiers tomes voit le jour.

En l’occurrence, il semblerait que le long-métrage de Rodriguez soit un mélange des deux. Les personnages de Grewishka et de Chiren (Jennifer Connelly), par exemple, n’existent pas (ou différemment) dans l’oeuvre d’origine et les trames scénaristiques des deux adaptations sont très proches. L’intégration du Motorball, en revanche, ainsi qu’un certain nombre d’éléments narratifs, de décors ou de mise en scène font directement référence à l’oeuvre d’origine.

Bien que réalisé par Robert Rodriguez, le film a été écrit et produit par James Cameron et Jon Landau. Dans les cartons depuis plusieurs années, leur ambition se heurte aux limites technologiques. Quand celles-ci sont repoussées, c’est un projet plus ancien qui est choisi : Avatar.
En toute logique, on retrouve donc à la barre des effets visuels la société Weta Digital, fondée par Peter Jackson. Outre les trilogies du Seigneur des anneaux et du Hobbit, c’est son travail sur des films comme King Kong (Jackson), Avatar, Les aventures de Tintin (Spielberg), ou plus récemment La planète des singes : les origines, Mortal Engines et Avengers : Infinity War qui ont fait du studio une référence absolue dans le monde des effets spéciaux et de la performance capture.***

D’où la virtuosité technique atteinte avec Alita : Battle Angel.
Après avoir pulvérisé les précédents obstacles (univers entièrement virtuel, créatures en interaction avec des personnes réelles, animaux virtuels en interaction avec des personnes réelles), leur défi était ici de créer un personnage humanoïde, entièrement en images de synthèse, en interactions avec des personnes réelles.

Pour approfondir, voir le reportage de Bruce Benamran, de la chaîne E-penser, après son invitation à tester la performance capture, dans le saint des saints.
Ci-dessous la partie interview sur la conception du film, où l’on apprend, entre autre, que chaque cheveu du personnage d’Alita a été modélisé individuellement, ou encore que « la géométrie 3D d’un seul de ses iris dépasse la géométrie complète de Gollum » (9:50).


Alors tout cela est bien joli, dira-t-on, mais qu’en est-il du plus important ?
Le plus important étant que le film soit réussi d’abord en tant que film, non en tant qu’adaptation.

Du point de vue d’un non-initié à la création de Kishiro (mais ça, c’était avant), l’une des plus grandes réussites (outre Rosa Salazar) est l’immersion du spectateur dans l’univers à travers le personnage principal.
Alita, amnésique, se réveille dans un corps et un monde qu’elle ne connaît pas, tout comme le spectateur profane qui les découvre en même temps qu’elle. La démarche est loin d’être nouvelle, mais le temps et le soin apportés pour la mettre en place font la différence. La chose est décuplée par le niveau de réalisme qui, ajouté par-dessus, brouille la frontière entre réel et virtuel.

Notons également le choix de l’actrice. Indéniablement, c’est un coup de génie.
Cette femme dégage une énergie qui sauve le pire. Les scènes romantiques assaillies par les violons; l’interprète d’Hugo, certes sympathique, mais issu d’une erreur de casting; et, bien entendu, la formidable « Je ne reste pas passive en présence du mal », classée en deuxième position sur la liste des écrits prohibés.****
Dieu merci, tous les défauts réunis ne suffisent pas à ruiner le banquet.

En ce qui concerne le rapport avec le matériau d’origine, chacun pourra librement se forger une opinion (sachant qu’il y a déjà une distinction entre les adeptes du manga et de l’anime). La différence la plus frappante est l’absence totale des grandes giclées d’hémoglobine et de charcuterie.
De mon expérience personnelle (1er visionnage -> lecture des 9 tomes -> animes en avance rapide -> 2e visionnage), le film s’apprécie bien à froid, mais certaines séquences délivrent toutes leurs saveurs avec un brin de recul. Une brève partie de l’affrontement sous-terrain est ainsi une retranscription monumentale du manga. Et le Motorball… Doux Jésus.

Tout cela pour dire que l’adaptation est plutôt réussie, offrant même quelques scènes d’anthologie. Les auteurs ont su s’approprier l’univers pour en proposer une vision personnelle, considérablement enrichie par leur savoir-faire.
Et malgré une fin atrophiée par l’obligation d’une suite, le film a l’avantage de se suffire à lui-même et de permettre au néophyte de découvrir un univers différemment des connaisseurs, sans devoir se référer au récit d’origine.

Ceci est un modèle de bande-annonce.

P-S : Une mise en garde pour les plus curieux : découvrir la bande-dessinée après le film, à partir de 25/30 ans, peut provoquer une envie de scandale.
La catégorie Seinen s’adresse en effet à un public fin d’adolescence/jeune adulte, un tantinet habitué au genre.

Qui plus est, l’histoire a vu le jour dans un contexte différent, il y a près de 30 ans.


*Le titre du film provient de la traduction anglaise Battle Angel Alita, pour le manga, et Battle Angel pour l’anime.
** L’univers s’étend sur trois séries :
1) GUNNM, série originale ; 1990-95 ;
2) GUNNM LAST ORDER, continuité alternative, permettant à l’auteur de poursuivre l’exploration de son univers, arrêté trop brutalement ; 2000-2014 ;
3) GUNNM MARS CHRONICLES, revient sur les origines de son personnage principal depuis 2014.
*** Le studio reçoit autour de 6 prix par an…
**** La première position est actuellement détenue par Wonder Woman : « Ce n’est pas une question de mérite. Mais de ce que l’on croit au plus profond de soi. Et moi, je crois en l’amour. »


Publié le 22 Février 2019

Segregation book

Green Book, de Peter Farrelly.

Tony est un gars simple. L’esprit d’un gosse de 8 ans dans le corps d’un videur de boîte de nuit. Mais l’homme est sérieux et sait gérer, à sa manière, les problématiques d’ordre relationnel.
Exactement celui dont à besoin Don Shirley, pianiste de Jazz noir renommé, pour l’accompagner dans sa tournée de l’Amérique sudiste des années 1960.

Basé sur une histoire vraie, le film est co-écrit par le fils de Tony, Nick Vallelonga, qui tenait à retranscrire la légende familiale. Celle d’une amitié touchante entre deux hommes que tout oppose, magnifiée par l’interprétation de ses acteurs.
Touchant et poilant. Un bon moment.


Publié le 3 février 2019

Big and furious

Mortal Engines, de Christian Rivers.

Un futur post-apocalyptique où les villes, montées sur roues, se font la course pour s’entre-dévorer.
Où est-ce qu’on signe?

La première partie du film est étonnamment bonne. On prend plaisir à s’immerger dans le concept, puis dans cette ville, et à en suivre les personnages.
L’enthousiasme s’effrite malheureusement à mesure que se développe ce que l’on appelle communément un scénario…

Hugo Weaving, acteur génial, est ainsi condamné à un rôle de méchant tellement incohérent et forcé qu’il en est insipide.
Insipides, tous les personnages le sont plus ou moins puisqu’ils ne sont rien d’autre que des clichés auxquels a été donné forme humaine.
C’est tellement manichéen que c’en est à vomir. (Qu’on ne me sorte pas que c’est pour ado, ça ne peut pas être une excuse. )

Hormis ce gros problème que j’ai avec les personnages, le film semble beaucoup souffrir de sa durée (2h), largement insuffisante tant la structure du scénario et l’univers semblent faits pour une trilogie.
Qui plus est, le rythme est si rapide qu’on comprend que l’ensemble a été passé au hachoir du montage pour une réduction du temps maximale.

Pour l’anecdote, on retrouve Robert Sheehan, qui avait quitté Misfits pour se consacrer au cinéma…

PS : Le rendu vaut le détour sur grand écran.


Publié le 21 janvier 2019

Aquaplaning*

*Definition = perte d’adhérence d’un véhicule pouvant entraîner une sortie de route.

Aquaman, de James Wan.

Ça a commencé au premier plan, comme une intuition.
Cette ouverture sur un volet qui claque a immédiatement éveillé l’attention du vigile dans sa tour de contrôle.
– Pourquoi le film s’ouvre sur un gros plan d’un volet qui claque?
Le vigile s’est affûté au fil des séances. Il sait qu’un premier plan, c’est important.

Je le fais taire. On ne peut pas juger un film sur son ouverture.
– Un peu quand même…
Il y a de fortes chances que ce soit une grosse merde, mais il est important de ne pas l’exprimer trop en avance. Faisons comme si le renouveau était possible sans changer la méthode.

Nicole Kidman entre scène.
– Qui a botoxé Nicole Kidman?
Je patiente. L’intuition grossit.

La voix de Jason Momoa surgit dans les enceintes pour nous raconter ce qu’on voit.
Le vigile se rapproche de la sirène d’alarme.
Les nerfs se tendent.
Il faut patienter.

Bébé Aquaman apparaît. La séquence est trop mielleuse. Le vigile est nerveux.
– Je le sens pas, chef.
C’est encore trop tôt, il faut patienter.

Bébé a grandi. Maman lui raconte Atlantide avec une fourchette, pendant que Papa lit le journal à côté du chien.
– Les méchants vont arriver.
Le chien aboie. La cloison explose. Les méchants arrivent.
L’intuition s’est muée en inquiétude. Une main sur le déclencheur de l’alarme, le vigile est en état d’alerte.
– C’est la merde, chef.

C’est la merde. Mais on ne peut laisser le moindre doute.
Il faut patienter.

Les méchants sont là. Ce sont les Stormtroopers d’Atlantide.
– Des aquatroopers?
Solidement protégés derrière leurs armures en plastique, ils menacent la famille avec des fusils à eau luminescents.
– C’est bon, chef? Je peux lancer l’alerte générale?
Pas encore.

Les playmobils veulent Nicole, mais Nicole est fâchée. Il faut pas fâcher Nicole.
– Prépare-toi Maurice [Maurice, c’est le vigile], s’ils charcutent la bagarre, tu balances tout.

Et ce fût un miracle.
Nicole opère un magnifique coup de pied retourné, permettant à un aquatrooper d’évaluer la solidité de la fenêtre, et entraîne la caméra dans son élan. Les deux entament alors une valse du tonnerre, réalisant un plan séquence explosif et parfaitement lisible!
– Celle-là, je l’ai pas vu venir.

Ainsi se termine l’introduction, résumant à elle seule le film tout entier : c’est long et superficiel, mais mis en scène par un type qui connaît son métier.


Publié le 3 janvier 2019

The surprisingly amazing Spider-Man

Le bonheur, au cinéma, c’est d’aller voir un film qui ne t’intéresse pas, de te prendre trois paires de claques, et de vouloir y retourner le lendemain.


Spider-Man : into the Spider-Verse, de Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman.

Peter Parker est le seul et unique Spider-Man.
(Ça on a eu, c’est bon…)
Jusqu’à ce qu’un certain Miles Morales soit à sont tour mordu par une araignée génétiquement modifiée.
(Oui, le successeur, on connaît le truc…)
C’est le moment que choisi Wilson Fisk pour ouvrir une faille spatio-temporelle qui en fait surgir quatre nouvelles versions.
(Ah.)

La partie peut alors commencer.


Il faut bien quelques minutes pour s’adapter à une animation un poil saccadée, après quoi, c’est le bonheur.
C’est énergique, drôle, finement écrit, il y a une expressivité dingue dans la mise en scène et le design des personnages… Dieu que ça fait du bien!

Oubliez le reste, s’il y a un film américain à voir en ce moment, c’est celui-ci.


Publié le 31 décembre 2018

Les nouvelles aventures de Norbert Dragonneau
(avec des animaux fantastiques dedans).

Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindelwald, de David Yates.

Nous retrouvons donc l’ami Norbert (Newt pour les intimes), qui souhaite à présent qu’on le laisse vivre en paix, dans sa valise, avec des créatures sauvages.
Malheureusement pour lui, Warner Bros veut de l’argent.
Après avoir assassiné la terre du milieu et la totalité des super-héros en leur possession (oui, j’ai vu Aquaman), les voilà lancés dans l’anéantissement de leur plus importante mine d’or.*

Parviendront-ils de nouveau à leur fin?

Norbert, donc, toujours classé asocial aux rayons des stéréotypes hollywoodiens, se retrouve cette fois sollicité par Dumbledore himself.
Le plus grand sorcier de tous les temps demande à son ancien élève de s’occuper lui-même du second plus grand sorcier de tous les temps. Car lui ne peut pas…
(Ne soyons pas mesquin, l’excuse sauve les meubles.)

Ne pouvant dire non à Jude Law et Albus Dumbledore en même temps, Norbert part donc à la recherche de Johnny Depp, qui s’est teint les cheveux pour l’occasion.
Heureusement pour lui, Eddie Redmayne est tellement attachant, avec son air de chien battu, que tout le monde (ou presque) fera son possible pour l’aider.


J.K. Rowling maîtrise son univers (je crois) mais l’écriture d’un film est drastiquement différente de celle d’un livre. De plus, là où les épisodes d’Harry Potter se déroulaient sur une année complète, les événements surviennent ici en quelques jours, entre-coupés de séquences de flash-backs pouvant s’étendre à plusieurs années. Le tout est appuyé par un nombre important de personnages dont les histoires personnelles sont parfois plus intéressantes que la principale : Dumbledore et Grindelwald, Newt et Leta Lestrange, les frères Scamander (Dragonneau pour la VF), les soeurs Goldstein… Mais celles-ci sont sacrifiées à un scénario dont tout le monde se fout, puisqu’il s’agit du seul et unique schéma se répétant à perpétuité, d’un blockbuster à l’autre : les gentils très gentils doivent s’unir pour libérer la Terre d’un méchant très méchant.
Le monde selon les États-Unis.

Je note toutefois une irruption implicite de l’air du temps : les gens simples doivent s’emparer des grandes problématiques car les autorités compétentes, soit ont les mains liées (Dumbledore), soit sont des incapables (le ministère), soient sont corrompues (pas de spoil).

On essaie de garder des personnages un peu attachant, un méchant moins manichéen qu’à l’accoutumé et bien sûr une équipe artistique (concepts, effets visuels, costumes…) toujours en grande forme…
Mais on est écrasé par des choix narratifs incohérents (la « bataille » finale est un festival) et des ébauches d’idées empilées les unes sur les autres, le tout brassé au mixer (la caméra) dans un déluge d’effet pyrotechniques.

C’est pas que c’est à vomir, c’est juste que ça n’a pas bien de goût.*D’après Wikipédia, les recettes de la franchise Harry Potter au cinéma dépasse Star Wars et James Bond.

Et Nicolas F., on en parle?

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